Ville.gouv.fr - Ministère de la Ville
Cliquez ici pour augmenter la taille du texte | Cliquez ici pour réduire la taille du texte | Cliquez ici pour la default taille du texte | imprimer la page Accédez à l'article en anglais
print
Éducation
7/08/2013
Éducation

Des inégalités fortes de réussite scolaire affectent les quartiers de la politique de la ville. Le rapport 2012 de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) souligne ainsi les retards dont souffrent les enfants de ces quartiers : à la rentrée 2009, 37,1 % des collégiens vivant en zone urbaine sensible avaient pris une année de retard contre 22,5 % en moyenne nationale.

Afin de réduire ces inégalités, le ministère de l’éducation nationale met en œuvre une politique d’éducation prioritaire et développe de nombreux dispositifs. Engagé en 2012, le chantier de la “refondation de l’école” réaffirme l’ambition de réduire les inégalités sociales et territoriales en matière d’éducation. Les mesures engagées dans ce cadre, tout particulièrement la scolarisation avant l’âge de trois ans et le dispositif “Plus de maîtres que de classes”, constituent des leviers pour réduire les inégalités qui frappent les élèves des quartiers populaires.

Le ministère de la Ville développe, quant à lui, des actions spécifiques visant à favoriser la réussite éducative des élèves issus des quartiers prioritaires. Dans le cadre de la réforme de la politique de la ville, le comité interministériel des villes (CIV) du 19 février 2013 a fixé plusieurs objectifs en matière d’éducation et d’enseignement supérieur :
- Mettre en convergence l’éducation prioritaire avec la future géographie de la politique de la ville, en tenant compte des établissements scolaires comportant une proportion majoritaire d’élèves issus des quartiers prioritaires
- Cibler la répartition les moyens que l’éducation nationale déploie au titre de la refondation de l’école de la République
- Proposer systématiquement un programme de réussite éducative aux communes abritant un quartier prioritaire de la politique de la ville et tirer les enseignements de l’expérimentation sur la tranche 16-18 ans de ce dispositif
- Organiser la participation des services académiques à la préparation des contrats de ville et leur signature par les recteurs
- Faciliter l’accès aux études supérieures des bacheliers issus des quartiers en favorisant leur logement dans les résidences à caractère social avec un accompagnement pédagogique. Inclure dans le plan d’augmentation du nombre global de places en résidence universitaire entre 1500 et 2000 places avec accompagnement pédagogique personnalisé pour faire face à la demande croissante des étudiants issus des quartiers prioritaires
- Augmenter le taux de recrutement des bacheliers professionnels et technologiques issus des quartiers prioritaires dans les STS et les IUT, notamment par une admission prioritaire dans les places vacantes dès la rentrée 2013, favoriser leur poursuite d’études, par des passerelles vers des classes d’adaptation technicien supérieur (ATS) et en licence, et développer l’apprentissage dans le supérieur

Une convention triennale entre le ministère de la Ville et celui de l’Education nationale d’une part, et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche d’autre part, permettront de décliner opérationnellement ces objectifs.

Le CIV vise également à redéfinir la géographie prioritaire de la politique de la ville. Reposant sur des critères objectifs tenant à la concentration géographique d’habitants en situation de pauvreté, cette géographie renouvelée sera concentrée sur un nombre de quartiers plus ciblé et mise en œuvre en 2014 en lien avec la signature des prochains contrats de ville.

Dans le cadre de la Modernisation de l’action publique (MAP), les contours de l’éducation prioritaire seront eux définis au terme d’une démarche d’évaluation partenariale, en prenant en compte les difficultés scolaires et sociales des élèves fréquentant les établissements scolaires. La convergence entre les géographies de l’éducation prioritaire et des quartiers prioritaires de la politique de la ville sera recherchée pour faire en sorte que les écoles et collèges accueillant une majorité d’élèves issus des quartiers prioritaires soient inclus dans l’éducation prioritaire.

Les jeunes des quartiers accèdent par ailleurs avec plus de difficultés à l’enseignement supérieur et le taux d’abandon élevé en cours d’études est un facteur supplémentaire de chômage. La poursuite d’études des nouveaux bacheliers boursiers issus des quartiers de la politique de la ville est fortement déterminée par l’offre de formation de proximité, ce qui prive de nombreux étudiants d’un choix à la mesure de leurs capacités. Améliorer la réussite de ces étudiants suppose donc de leur faciliter l’accès aux formations supérieures les plus recherchées (STS, IUT, CGPE, universités), grâce à une offre de logement adaptée, avec un accompagnement pédagogique renforcé : tutorat, suivi personnalisé, compléments disciplinaires, ouverture culturelle et à l’actualité, communication, activités artistiques et sportives, etc.

Les principaux dispositifs soutenus par le secrétariat général du comité interministériel des villes

• Les projets de réussite éducative
• Les internats d’excellence
• Les cordées de la réussite
• La lutte contre le décrochage scolaire

Les projets de réussite éducative

Introduits par le volet « Egalité des chances » de la loi du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale, les projets de réussite éducative (PRE) s’adressent en priorité aux enfants de 2 à 16 ans vivant dans les Zus et dans les zones d’éducation prioritaire. Ils introduisent des parcours personnalisés et un soutien individualisé qui se déroulent hors du temps scolaire ; l’aide apportée par les équipes pluridisciplinaires couvre un champ vaste : accompagnement social, scolaire, éducation artistique et culturelle, pratique sportive, soutien aux parents dans leur rôle éducatif. Depuis décembre 2006, les PRE font partie intégrante du volet éducatif des Cucs.

Ce dispositif, doté de 80 858 976€ en 2012, affiche un bilan positif :
- 114 725 situations d’enfants ont été étudiées par une équipe pluridisciplinaire de soutien, 71 481 enfants ont bénéficiés d’un parcours individualisé et plus de 745 000 jeunes ont bénéficié des actions mises en œuvre depuis 2005
- 531 projets locaux ont été validés
- 1 521 quartiers prioritaires couverts par 1 944 équipes pluridisciplinaires de soutien
- L’approche individualisée a été privilégiée. Le public est de mieux en mieux ciblé et ses besoins sont mieux identifiés ; en conséquence, 62% des situations étudiées par les équipes ont débouché sur un parcours pendant l’année scolaire 2011-2012
- L’impact sur les enfants et leur famille est positif en termes d’intégration scolaire, d’investissement en classe, de re-motivation et d’envie d’apprendre, de comportement et d’épanouissement à l’école et d’autonomie dans le travail

L’accueil des élèves de la politique de la ville en internat
Pour leur offrir les meilleures conditions pour réussir leur scolarité, tout en favorisant la mixité sociale, les collégiens et les lycéens issus de l’éducation prioritaire ou des zones urbaines sensibles peuvent être accueillis en internat.

Pour y parvenir, deux types d’actions sont menés parallèlement :
- Ouverture d’internats dans le cadre du Programme d’investissement d’avenir (1er internat ouvert à Sourdun en Seine-et-Marne en septembre 2009)
- Labellisation de places « politique de la ville » dans des internats existants, notamment par conversion des anciens « internats de réussite éducative »

A la rentrée 2012, il est prévu dans 30 académies d’offrir 12 100 places d’"internat d’excellence" :
> 8 000 places labellisées dans les internats existants
> 4 100 places dans 45 établissements "internat d’excellence"

Les cordées de la réussite
Lancées en 2008, les « Cordées de la réussite » s’inscrivent dans une dynamique d’intensification des liens entre l’enseignement scolaire, l’enseignement supérieur et le monde professionnel et visent à élargir l’horizon de jeunes issus de milieu modeste et à les encourager à saisir l’ampleur des opportunités offertes par les études supérieures.
En 2012, on compte 326 « Cordées de la réussite » dans l’ensemble des académies avec plus de 2 000 établissements scolaires et près de 50 000 collégiens et lycéens concernés. Le contenu des projets s’est progressivement enrichi grâce à l’implication de nombreux tuteurs étudiants, bénévoles associatifs, jeunes diplômés de l’entreprise dans des domaines très divers : éducation artistique et culturelle, sciences et techniques, sport, numérique, pratique des langues, monde économique, etc.
Des partenariats ont été noués entre un ou plusieurs établissements d’enseignement supérieur (grande école, école d’ingénieurs, université, lycée avec CPGE) et des lycées « sources » pour attirer les jeunes vers les formations supérieures. Ces partenariats peuvent prendre la forme d’actions multiples comme le tutorat, l’accompagnement scolaire, l’accompagnement culturel ou l’internat. Il vise à guider les élèves, qui en ont la motivation et les capacités vers les parcours d’excellence.
L’objectif fixé est de porter à 50 % d’une classe d’âge le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur, avec une plus grande ouverture sociale dans l’ensemble des filières post-baccalauréat.

La lutte contre le décrochage scolaire
La lutte contre le décrochage scolaire est l’une des priorités du gouvernement et de la politique de la ville. Elle emprunte aujourd’hui plusieurs formes.
Aujourd’hui, le repérage des jeunes décrocheurs s’effectue par l’intermédiaire du Système interministériel d’échange d’informations (SIEI). Ce système permet d’élaborer, dans le respect des principes définis par la CNIL, des listes de jeunes de plus de 16 ans ayant abandonné leur formation avant d’avoir obtenu un diplôme et qui ne sont pas réinscrits dans un établissement public ou privé sous contrat, relevant du ministère de l’éducation nationale ou du ministère de l’agriculture, ni dans un centre de formation d’apprentis (CFA). Les listes sont ensuite transmises aux responsables des 360 plateformes de suivi et d’appui aux décrocheurs, nommés par les préfets de département, répartis sur l’ensemble du territoire.
En 2012, 9 500 jeunes accompagnés dans le cadre de ce dispositif ont bénéficié d’un retour en formation.

Ces solutions doivent gagner en cohérence et en lisibilité. En mobilisant, en coordonnant tous les acteurs et en identifiant mieux les ressources disponibles, il sera possible de doubler ce résultat et d’atteindre l’objectif ambitieux qui a été fixé.

C’est dans ce but qu’est mis en place un dispositif opérationnel : les réseaux « Formation qualification emploi » (Foquale) dont les mesures clés sont les suivantes :
• un contrat "Formation-qualification-emploi" proposé à chaque jeune décrocheur avec un parcours personnalisé de retour en formation et l’accompagnement par un tuteur
• la mise en place des réseaux "Objectif formation-emploi" qui regroupent, aux côtés des 360 plates-formes d’appui et de suivi des décrocheurs, les acteurs de l’éducation nationale présents sur un territoire
• la désignation d’un référent en charge de la lutte contre le décrochage prioritairement dans les établissements les plus touchés par le phénomène
• la mobilisation des places disponibles dans les formations menant à des métiers ayant des besoins de recrutement avérés et le développement de structures spécifiques pour les jeunes en situation de décrochage
• des offres combinées service civique-formation pour permettre à des jeunes décrocheurs d’acquérir une expérience professionnelle tout en construisant un projet de formation
• l’élaboration d’un catalogue recensant l’ensemble des solutions de formation pouvant être proposées aux jeunes
• la mise en service d’un site internet de géolocalisation permettant aux jeunes de voir en un clic l’ensemble des structures de formation pouvant les accueillir dans leur zone géographique.

>> Circulaire du 29 mars 2013 : Réseaux formation qualification emploi (FOQUALE) : http://www.education.gouv.fr/pid255...

L’action de la politique de la ville

1) I-ville décrochage : une base documentaire d’échanges d’expériences
Le Secrétariat général du comité interministériel des villes a créé une nouvelle base documentaire dédiée à la lutte contre le décrochage scolaire : I-ville décrochage. Le développement d’un tel module en ligne rejoint l’intérêt commun, exprimé par les partenaires, de se doter d’un outil partagé de capitalisation et de valorisation des expériences menées sur le territoire national en matière d’action de prévention du décrochage scolaire et d’accompagnement des décrocheurs. Il s’adresse, plus particulièrement, aux professionnels dans et hors l’Éducation nationale. Un comité de pilotage regroupe les différents acteurs du décrochage scolaire sous la présidence du Secrétariat général à la Ville : ministère de l’Education nationale, ministère des Affaires sociales et de la Santé, ministère chargé de la Jeunesse, Comité national des missions locales, Direction de l’information et de l’orientation, Acsé, Anru, Centre national de documentation pédagogique, Comité national de liaison des associations de prévention spécialisée, centres de ressources de la politique de la ville et associations.

2) Des financements importants via l’Acsé
Les financements accordés par l’Acsé au titre de la prévention et de la réduction du décrochage scolaire s’élèvent à 2 250 000 € pour 241 actions (dont 915 000 € pour 95 actions conduites dans le cadre de la dynamique Espoir banlieues).

Les actions financées sont de natures différentes et relèvent de 5 catégories :
- Lutte contre le décrochage scolaire : ces actions proposent prévention en milieu scolaire, exclusion interne, mesure de lutte contre l’absentéisme, renforcement de l’accompagnement
- Stages d’insertion, parrainage, « coaching », découverte de l’entreprise : ces actions veulent inscrire les jeunes dans un projet professionnel
- Classes et ateliers-relais : ces dispositifs proposent un accueil temporaire adapté à des jeunes afin de les réinsérer dans un parcours de formation générale, technologique ou professionnelle.
- Accompagnements scolaires et ateliers : ces actions visent à offrir aux jeunes des activités susceptibles de les remotiver
- Actions en direction des parents et des équipes : pôle, école parentalité, formation des médiateurs, référents journée défense et citoyenneté (JDC), parents-relais, etc.

En savoir plus

>> Comité interministériel des Villes du 19 février 2013 - Décision n° 8 "Education nationale et enseignement supérieur" - Pages 27 à 29

>> Tous les documents « Education » recensés par la base documentaire I-Ville

>> Accéder à l’espace "Décrochage scolaire" sur I-ville

>> La réussite éducative sur le portail du ministère de l’Education nationale

>> La lutte contre le décrochage scolaire sur le portail du ministère de l’Education nationale