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L’Onzus remet son rapport annuel
#Brève | 6/05/2015
L'Onzus remet son rapport annuel

Le dernier rapport annuel de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS), qui devient en 2015 l’Observatoire National de la Politique de la Ville (ONPV) pour accompagner la réforme de la politique de la ville, sort ce 6 mai.

Niveau de vie, emploi, éducation, santé, sécurité… il propose une analyse détaillée de la situation en 2013 des quartiers et de leurs habitants qui bénéficient des dispositifs de la politique de la ville. Une analyse contrastée, fruit de plusieurs mois de travaux, qui dans la continuité des précédents rapports révèle une réalité économique et sociale toujours difficile, malgré quelques avancées, notamment sur le front de l’emploi.

Un taux de pauvreté trois fois plus élevé que dans le reste du territoire

Les différents indicateurs concernant la pauvreté mettent en lumière l’écart qui continue de se creuser entre les zones urbaines sensibles (Zus) et le reste du territoire. La part des personnes vivant sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 987 € par mois, y est trois fois plus élevée qu’ailleurs. Les jeunes restent les plus vulnérables. Plus d’un tiers des moins de 18 ans bénéficie de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) et 1 jeune sur 2 de 18-24 ans vit sous le seuil de pauvreté.

Activité, emploi, chômage, une situation toujours préoccupante malgré des chiffres stables

Le taux de chômage reste 2,5 fois supérieur en ZUS (23%) qu’en dehors (9%), et le taux d’activité (part d’actifs dans la population totale) plus de 10 points inférieur dans ces quartiers. Les jeunes, les femmes, les personnes ayant un faible niveau d’étude et les immigrés sont les personnes qui rencontrent le plus de difficultés.

Pour autant, la situation, bien que fragile, est dans une phase de stabilisation. A mode de recueil d’information constant, en 2013, le pourcentage des résidents actifs des Zus âgés de 15 à 64 ans au chômage estidentique à celui de 2012. Dans le même temps, ce taux augmente de 0,6 point en dehors des Zus entre 2012 et 2013. En proposant des dispositifs spécifiques de retour à l’emploi, comme les emplois d’avenir créés en 2012, l’Etat contribue à limiter la progression du chômage, en particulier dans les quartiers. Plus de 48 000 contrats uniques d’insertion et 12 000 emplois d’avenir ont ainsi été créés dans les zones urbaines sensibles depuis leur entrée en vigueur.

Autre constat : l’obtention d’un diplôme d’enseignement supérieur favorise l’accès à l’emploi et atténue fortement les effets de la crise économique, même s’il ne constitue pas un élément suffisamment protecteur, notamment pour les femmes, les jeunes et les immigrés. A niveau de diplôme équivalent, il subsiste des écarts significatifs de taux d’emploi entre les Zus et les unités urbaines environnantes. Ces résultats peuvent s’expliquer par un double phénomène : d’un côté des employeurs qui méconnaissent les compétences réelles des postulants résidant en Zus et de l’autre, les habitants qui souffrent d’un manque d’information face aux réalités du marché du travail.

Des orientations scolaires qui diffèrent de manière significative

Les lycéens issus de collèges en Zus s’orientent deux ans après la 3e beaucoup moins vers une filière générale en 1re (27,1 %) que ceux issus de collèges en dehors des Zus (40,4 %). Ainsi, à peine plus du quart des collégiens scolarisés en Zus s’orientent vers une filière générale en 1re. C’est notamment sur la filière scientifique que se trouvent les plus grands écarts d’orientation (8,2 points). À l’inverse, la filière professionnelle est plus suivie par les lycéens issus d’un collège en Zus que ceux d’un collège hors Zus.

Un renoncement aux soins de santé

Si plus de la moitié des habitants des quartiers prioritaires déclare être « en bonne », voire « très bonne santé », quelques indicateurs dessinent une autre réalité. Les problèmes de surpoids et d’obésité sont plus fréquents (+ 6,3 points pour le surpoids et + 3,1 points pour l’obésité), notamment chez les femmes. Les adultes renoncent plus souvent aux soins et ont moins recours aux médecins spécialistes. Plus d’un habitant sur quatre a renoncé à des soins dentaires pour des raisons financières au cours de l’année écoulée. Cette situation s’explique par des contraintes financières mais également par un déficit de l’offre médicale et paramédicale (délais de rendez-vous trop longs, difficultés d’accès, temps de trajets trop longs…). Autre enseignement : plus d’un résident de ZUS sur 10 (12,4 %) n’a pas de couverture maladie complémentaire (contre 6,1% dans le reste de la population). Le phénomène est sensible chez les hommes comme chez les femmes.

« Le rapport de l’ONZUS est à la fois un outil de connaissance et un cri d’alerte. Il nous permet d’agir plus efficacement, il nous oblige à agir avec plus de force. L’ampleur des inégalités qu’il révèle est insupportable. Si des progrès sont constatés, il est hors de question de s’en contenter. Nous allons donc redoubler d’effort pour que, dans les quartiers prioritaires, la République ne soit pas une incantation mais une réalité. Tout le travail que nous menons pour lutter contre les ghettos à travers une politique volontariste de mixité, le rétablissement des crédits aux associations supprimés entre 2008 et 2011, le fléchage des dispositifs d’emplois aidés et de formation vers ces quartiers, participe de cette ambition. Il est de ma responsabilité de le poursuivre et de l’amplifier. Nous sommes sur des matières qui prennent du temps. Raison de plus pour ne pas en perdre. »,
Patrick Kanner
« Ce rapport confirme l’urgence qu’il y a d’agir plus vite et plus fort dans ces quartiers, en matière d’emploi, d’éducation, d’accès aux soins… Il est inacceptable que le chômage y soit 2,5 fois plus important qu’ailleurs ; il est indigne qu’un jeune sur deux y vive sous le seuil de pauvreté ; il est discriminant qu’1 collégien sur 4 seulement s’oriente vers une filière générale en 1ère. L’égalité, ce n’est pas un droit pour la majorité des habitants de ce pays et une option pour les habitants de ces quartiers. C’est l’ambition de ce Gouvernement que de redonner corps à la promesse républicaine. Une action structurelle est engagée pour mobiliser les services publics et les politiques de droit commun : la création et le ciblage sur les quartiers populaires des zones de sécurité prioritaire, des nouveaux réseaux d’éducation prioritaire et des différents outils que sont les emplois d’avenir, la garantie jeune ou les contrats starter doivent permettre d’améliorer dans la durée les conditions de vie en matière de sécurité, de réussite éducative et d’emploi. Les rapports à venir du futur observatoire national de la politique de la ville auront à charge de l’évaluer »,
Myriam El Khomri

Le rapport 2014 est le dernier publié par l’ONZUS. Le 21 février 2014, la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine a en effet dessiné une nouvelle géographie des quartiers prioritaires, plus resserrée. Environ 1 500 quartiers prioritaires (1 300 en métropole et 200 dans les DOM-COM) ont été définis sur un critère unique, la concentration de la pauvreté calculée à partir du revenu des habitants. L’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) mesurera désormais l’évolution des inégalités et des écarts de développement au sein des unités urbaines, et évaluera les politiques publiques mises en place pour y répondre. Il lui reviendra d’exécuter, chaque année, un rapport détaillé sur l’évolution de la situation dans ces quartiers.