

Les populations des quartiers sensibles sont, plus que d’autres, confrontées à des problèmes de santé. Cela justifie une prise en charge spécifique. Cette question est devenue une priorité de la politique de la ville.
En France, l’augmentation régulière de l’espérance de vie ne s’accompagne pas automatiquement d’une réduction des inégalités en matière de santé. Celles-ci ont même tendance à s’aggraver dans un contexte de difficultés économiques plus importantes. Ainsi, en matière d’espérance de vie, l’amélioration des conditions de vie a plus d’impact que les innovations médicales qui ne profitent pas à tout le monde.
Les populations des quartiers, atteignant sur certains sites une situation de grande précarité, sont plus fragilisés sur les questions de santé et rencontrent plus de problèmes personnels. Par exemple, une des conséquences des situations sociales pointée par l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus), les enfants vivant en ZUS présentent des problèmes de surpoids, d’obésité, d’hygiène dentaire et de troubles du langage plus importants que les autres enfants d’un autre quartier hors ZUS.
La santé figure, depuis le CIV du 9 mars 2006, parmi les cinq thèmes majeurs assignés à la politique de la ville. Il s’agit d’inscrire localement une programmation de santé publique afin de contribuer à réduire les inégalités sociales et spatiales de santé d’une part, d’assurer un égal accès à la prévention et aux soins à tous d’autre part, en agissant au niveau communal ou intercommunal, par l’implantation d’une offre de professionnels médicaux, para-médicaux, sociaux adaptés aux besoins constatés des habitants des quartiers.
Le volet santé, des contrats urbains de cohésion sociale (Cucs) passés par l’Etat et les collectivités territoriales, doit favoriser le développement de projets locaux de santé publique spécifiques et en mesurer les effets.
Lancé en 2001, l’Atelier santé ville (ASV) est destiné à programmer la coordinnation des projets locaux de santé publique des activités pour élaborer avec les acteurs et professionnels de santé et, si possible avec les habitants, des projets locaux de santé publique à l’échelle locale. En préalable, établir une connaissance fine de l’état de santé objectivée (diagnostic territorial partagé) et celle concernant les besoins ressentis par public de ces territoires.
Les Ateliers santé ville établissent une programmation à l’échelle territoriale pertinente avec une méthode de travail impliquant les professionnels concernés dans des actions de prévention et de promotion de la santé, dont les services municipaux de santé, les centres de santé, les partenaires de la Protection maternelle infantile, le planning familial, les établissements de santé et les professionnels libéraux, associations et habitants, etc.
Ces actions de prévention s’évaluent à court, moyen, long terme sur des thèmes spécifiques reconnus prioritaires tels que les addictions, santé mentale, obésité, problèmes d’accessibilité à... et d’accompagnement.
Un cahier des charges (circulaire DIV/DGS du 13 juin 2000) a donné les axes de travail et les missions attendus, visant à s’intégrer de façon transversale par les effets qu’elles induisent.
L’Atelier santé ville décline aussi et adapte localement les Plans nationaux et Programmes régionaux d’accès à la prévention et aux soins (PRSP/PRAPS).
Aujourd’hui, il existe 264 Ateliers santé ville.
Au titre de la politique de la ville, l’Etat consacre 13 millions d’euros par an au financement des ASV. Ce financement spécifique est complété par les collectivités territoriales et les crédits de droit commun de l’Etat sur les projets locaux de santé.
Depuis janvier 2007, c’est l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé) qui a en charge le développement des Ateliers santé ville ainsi que le suivi des équipes mobiles spécialisées en psychiatrie (EMP) dans le cadre des contrats urbains de cohésion sociale, et de la lutte contre les discriminations (cf programme 2009 de l’Acsé).
Photo CIT IMAGES