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Discours de Patrick Kanner - Signature de la convention État-Action Logement-Anru
#Discours | 2/10/2015
Discours de Patrick Kanner - Signature de la convention État-Action Logement-Anru

Seul le prononcé fait foi

A Paris, le 2 octobre 2015

Monsieur le secrétaire d’Etat, cher Christian Eckert,
Monsieur le Président de l’Anru, François Pupponi,
Monsieur les Présidents et Vice-Président d’Action Logement, Bernard Gaud et Jean-Baptiste Dolci,
Mesdames, Messieurs, les journalistes,

Nous devions signer cette convention avant le 30 septembre. Nous sommes le 2 octobre. Si l’action publique pouvait toujours se contenter d’avoir deux jours de retard, j’en serais ravi…

La question du temps est cruciale. Nous devons aller vite. C’est ce que j’ai dit au congrès de Montpellier et j’insiste sur ce point.
Comme moi, vous savez que des milliers de nos concitoyens attendent, espèrent, s’impatientent. Ils ont vu leurs quartiers, ou parfois le quartier voisin se transformer grâce à l’action de 10 ans de rénovation urbaine, mais ces transformations sont loin d’être terminées

Nous devons rénover, nous devons construire et embellir encore.
Nous devons démolir et restructurer, développer et aménager, désenclaver et accompagner le développement de ces quartiers dans toutes leurs dynamiques, sur le plan de l’aménagement et aussi sur le volet économique.

Ce devoir se fait pressant alors que les habitants des quartiers prioritaires, malgré le premier plan de rénovation urbaine, continuent à se sentir négligés, parfois abandonnés.

Il nous faut par conséquent lancer en pratique ce second programme tellement attendu. C’est ce que nous allons faire dès aujourd’hui, par la signature de cette convention.

Nous avions fixé le cadre le 3 décembre dernier des engagements financiers d’Action Logement.
Nous devions en préciser les modalités pour pouvoir concrètement mettre en œuvre le nouveau projet de renouvellement urbain. C’est à cela qu’ont travaillé les services ces derniers mois, ces dernières semaines, de façon concentrée, engagée et je félicite ici tout particulièrement Nicolas grivel, le Directeur Général de l’Anru et Bruno Arbouet, le Directeur Général d’action Logement, pour avoir réussi à mener ces discussions, pourtant difficiles, dans un contexte constructif et en gardant toujours à l’esprit notre intérêt commun : la réussite de ce futur programme

Il restait plusieurs points à clarifier, des précisions nécessaires pour pouvoir passer en phase opérationnelle, qui ont occasionné des échanges un peu complexes entre nous, liées à des contreparties, à des montants de prêts…ces discussions sont derrière nous maintenant, chacun des partenaires a fait un pas vers l’autre et je me réjouis que nous ayons pu aboutir à un accord.

L’enjeu est de taille : des territoires ouverts, des territoires mixtes. C’est à cette condition que la cohésion nationale est possible.

Je suis allé le dire avec force à Ormesson il y a une semaine. Je le referai dans d’autres villes récalcitrantes : sans mixité, pas de fraternité. Sans mixité, pas de sentiment d’appartenance à une même communauté nationale.
Le refus de la mixité, c’est inexorablement, la division et la fragmentation de la France. Et donc son affaiblissement.

Je m’y refuse. Et ce second plan de renouvellement urbain est une illustration de notre volonté collective de ne pas céder au repli et à l’entre-soi.

Je le rappelle, par ces 5 milliards d’euros qui seront investis par l’Anru, avec le concours d’action logement, ce sont 20 milliards de travaux qui seront investis dans les années à venir, au bénéfice des quartiers, mais aussi au bénéfice du secteur du bâtiment dans son ensemble. C’est une dynamique d’ensemble que nous maintenons, ce sont aussi des entreprises qui vont venir travailler dans ces quartiers demain.

Grâce à cette convention, nous allons engager une action globale – la seul qui vaille – pour traiter tout à la fois les défis immobiliers, urbanistiques, sociaux, économiques et démocratiques.

Démocratique, oui.
Car, dans ces projets gigantesques qui mobilisent des sommes considérables, je n’oublie jamais les habitants, et l’importance de les associer, de leur donner la parole.

C’est à la fois une condition d’efficacité dans l’utilisation de l’argent et une exigence de reconnaissance, de considération.

J’appelle donc tous les grands acteurs à respecter cette dimension des contrats de ville et plus globalement de la politique de la ville telle que nous la déployons depuis 2012.

Patrick Kanner